Audrey Destang est la fondatrice de Popee : Le papier recyclé qui change tout !

Audrey Destang est la fondatrice de Popee : Le papier recyclé qui change tout !

Le papier toilette, véritable star des médias pendant le confinement ! Ce que l'on ne nous à pas dit, c'est le nombre d'arbres coupés par jour en France pour la fabrication de papiers à usage unique (270 000). Audrey est bien placée pour nous en parler, elle est la fondatrice de Popee : la marque de papiers d'hygiène fabriqués à partir de papiers recyclés, sans produit toxique, et français.

Popee, la marque française qui respecte la planète.

Salut Audrey, tu te présentes un peu pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je suis Audrey, la fondatrice de Popee, la marque française de papiers d’hygiène responsables et français, qui prend soin de la planète et de vos petits gestes du quotidien ! J’ai 30 ans, je suis mariée, j’ai un bébé de 7 mois et j’habite entre Bordeaux et Paris. Mes valeurs et celles de ma boîte, partagées par toutes mes salariées ?!

Pragmatisme, Ambition, Efficacité et Légèreté ! 

Tout un programme ! 

Quels sont les chiffres/statistiques qui t’ont le plus marqué lorsque tu as commencé à développer Popee ?

Un chiffre qui m’a beaucoup surpris au commencement de Popee, c’est la part du recyclé dans le marché des papiers à usage unique en France : à peine 5% contre 25% en Allemagne par exemple !

Deux ans après, c’est en train de changer, notamment grâce au succès de notre marque Popee en moyenne et grande distribution : les gros du secteur commencent à s’y mettre, et c’est très bien.

Plus on est de fous sur un marché qui coupait historiquement des arbres pour un usage trop bref, plus on rit ! 

À travers l’expérience Popee, dirais-tu que les entreprises et les particuliers sont de plus en plus sensibles à la cause environnementale et à la surutilisation de papier à usage unique ?

Quand j’ai lancé Popee, je voulais un produit qui accompagne les gens dans leur vie de tous les jours. Et surtout, je ne voulais pas d’un business élitiste qui ne profite qu’à une certaine catégorie de consommateurs.

Tout le monde a des fesses !

Moi, ce que je veux, c’est m’occuper de tous les français sans exception, dans leur foyer : aux toilettes avec notre papier toilette, dans toutes les autres pièces de la maison avec nos mouchoirs. J’aime l’idée de la vie quotidienne, je la trouve excitante et non dégradante : tout le monde va aux toilettes et tout le monde se mouche !

Ainsi, à travers l’expérience Popee, je réalise que oui, toutes les entreprises et tous les particuliers ont envie de mieux faire au quotidien, et on est là pour les aider sur le sujet spécifique des papiers à usage unique !

C’est l’écologie des petits pas en gros. 

Quels sont les questions que l’on te pose le plus souvent lorsque tu parles de ton entreprise ?

On me demande comment on arrive à se faire une place face à des géants du secteur ! Le marché du papier à usage unique est en effet très traditionnel et trusté par des mastodontes qui sont là depuis toujours. Et nous, on arrive avec notre petit poussin pour chambouler les codes.

Forcément, ça interpelle un peu, mais les gens sont généralement bienveillants, y compris les gros industriels du secteur. 

Le papier toilette a beaucoup fait parler de lui pendant le confinement. Est-ce que cela a été une opportunité pour Popee ?

Pour la vente aux particuliers oui, mais nous avons aussi un modèle économique de ventes aux entreprises et aux cafés-hôtels-restaurants.

Ce dernier a forcément ralenti avec le télétravail et la fermeture des CHR, mais on reste présents auprès de ces clients en difficulté, et on leur envoie toutes nos bonnes ondes !! 

Audrey et son petit poussin parmi les mastodontes, retour sur un parcours entrepreneurial aussi original qu'ambitieux.

audrey destang fondatrice de la marque de papier toilette popee

Tu faisais quoi avant de te lancer dans l’entrepreneuriat ?

Quand je suis sortie d’école de commerce il y a 6 ans, je savais que je ne voulais pas rentrer dans un salariat classique, parce que j’avais un réel besoin d’autonomie dans la prise de décision. D’un autre côté, il me manquait l’expérience, le réseau et la connaissance de l’écosystème start-up pour me lancer. Mon premier job a ainsi été chez Early Metrics, une agence de notation de start-ups. J’ai été leur toute première salariée et je suis devenue leur associée au bout de quelques mois.

Ça a été une super expérience car ça m’a appris des aspects très concrets de l’entrepreneuriat comme structurer une équipe ou penser un modèle économique. Après quatre années là-bas, j’avais évolué à un niveau plus stratégique et ça me manquait d’avoir les mains dans le cambouis.

J’ai donc décidé de développer autre chose en parallèle. Il se trouve que ma famille possède des forêts de pins dans les Landes, donc je me suis intéressée au bois, puis naturellement au papier. J’ai alors réalisé qu’on sous-utilisait le papier recyclé, particulièrement pour les produits à usage unique. Et puis la réflexion a fini par prendre tout mon temps.

J’ai donc démissionné de l’agence de notation et vendu mes parts, ce qui m’a permis de lancer Popee. Finalement, entreprendre n’a jamais été un fantasme mais un projet professionnel qui a mûri.

Quand tu as annoncé à tes proches que tu allais fonder une entreprise de papier toilette, comment ont-ils réagis ?

Mes parents ont halluciné… !

Je me souviens, nous dînions au restaurant et je n’arrivais pas à avaler mon plat tellement j’étais stressée de leur annoncer que je quittais mon entreprise pour en lancer une autre dans le papier ! Mais après leur avoir expliqué les engagements de Popee et le plan de développement, ils étaient ravis. 

En France, le montant moyen accordé aux start-up dirigées par des femmes est 2,5 fois inférieur qu’à celles fondées par des hommes. Tu as fait le choix de passer par une plateforme de financement participatif (Ulule), tu nous expliques ce choix ?

Sincèrement, mon choix d'Ulule n’a aucun rapport avec le fait d’être une femme, d’être plus ou moins financée par les Business Angels ou les fonds : je ne me suis jamais sentie sous-estimée ou maltraitée parce que je suis une femme !

Au contraire, je suis toujours tombée sur des gens intelligents qui m’ont laissée travailler comme eux, au même niveau et au même salaire. J’ai eu de la chance ! Le choix d'Ulule était simplement un choix business : cela me permettait de valider mon offre, très novatrice sur le modèle économique (papier toilette sur abonnement) auprès d’une communauté que je ne connaissais pas encore et qui ne me connaissait pas non plus. 

As-tu déjà ressenti que le fait d’être une femme était un frein dans les différentes étapes de la vie de ton entreprise ?

Non, pas du tout, je ne me suis jamais laissée impressionnée par qui que ce soit pour une histoire de sexe.

Encore une fois, j’ai sûrement eu beaucoup de chance et j’ai su bien m’entourer !

Ce qui a été difficile, c’est plutôt de devenir maman, car il faut parvenir à concilier efficacement et avec bonheur la vie de cheffe d’entreprise et la vie de parent. Les deux sont tops, mais être maman c’est quand même un autre niveau de kiffe ! 

En outre, je n’ai pour l’instant recruté que des femmes, mais c’est un hasard : je ne fais aucune discrimination dans les recrutements de Popee, ni positive, ni négative ! 

L’entrepreneuriat, ça représente quoi pour toi ?

Presque la moitié de ma vie. Donc pas mal à 30 ans finalement !! 

C’est quoi les news chez Popee en ce moment ? 

Nous sommes devenues depuis peu une marque de papiers à usage unique, et plus seulement une marque de papier toilette.

En effet, nos boîtes recyclées et sans plastique de mouchoirs recyclés, français et sans produit toxique sont sorties début février. Petits gestes, gros impact ! 

 boite a mouchoirs popee

 Merci Audrey, pour l'interview, la planète, et nos petits culs ! The V box te souhaite de concilier avec bonheur vie de maman cheffe !


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